Pays des Pyrénées Cathares

Bordé par la chaîne des Pré-Pyrénées, le Pays des Pyrénées Cathares reflète encore aujourd’hui les contingences historiques de la croisade des albigeois au début du XIIIe siècle. La terre qui a, alors, été donnée au Maréchal Guy de Lévis recouvre pratiquement la configuration actuelle du Pays. Les guerres de religion se sont illustrées au cœur même de la famille des Lévis. Surtout, pendant les siècles qui ont suivi, le développement des villages s’est fait en interrelation notamment économique. Le développement textile, qui s’est concentré sur Lavelanet et la vallée du Touyre au XIXe siècle, a profité à tout le territoire engendrant des quotidiens et habitudes de vie communs aux habitants (migrations pendulaires, accès aux commerces et services, aux lieux de travail). Donnant lieu à un véritable sentiment d’appartenance commune, le territoire correspond bien à la notion de Pays compris comme territoire « vécu ».

Un territoire d’art et d’histoire

Situées à l’est de Ariège, à la frontière de l’Aude, celles que l’on appelle les Pyrénées Cathares sont devenues Pays d’art et d’histoire en novembre 2008. C’est un label qui leur a été décerné par le ministère de la Culture et de la Communication pour leur fort potentiel patrimonial. Elles entrent ainsi dans le réseau national des territoires reconnus pour la qualité de leurs actions de médiation avec des guides conférenciers agréés. Ce sont 56 communes s’étendant sur près de 640 km2 qui ont été labellisées.

De Pamiers, l’entrée nord-ouest du territoire traverse la moyenne vallée de l’Hers qui porte le nom de la rivière qu’elle longe. Entre Méditerranée et Atlantique, cet axe de communication a décidé très tôt les hommes à s’y installer. C’est là qu’abondent les vestiges archéologiques de l’époque gallo-romaine et du Haut Moyen Age dont une nécropole mérovingienne majeure ; que se trouvent les fresques d’influence catalane du XIIe siècle de l’église semi-rupestre de Vals et qu’aboutit le cheminement à l’attrayante bastide médiévale de Mirepoix.

L’entrée sud du territoire évoque quant à elle les célèbres noms de la période du catharisme : Montségur, Roquefixade, Péreille… Dans un monde féodal méridional moins structuré et centralisé que son pendant du nord, les liens de vassalité qui structuraient les nombreuses et complexes co-seigneuries ont favorisé son expansion. A tel point que les Inquisiteurs parlaient d’un « gène hérétique » pour le seigneur de Montségur. Le clan Roger de Mirepoix et la famille Péreille, la plupart de leurs co-seigneurs, parents et alliés du pays d’Olmes, étaient acquis à la cause !

Dans ce paysage organisé en bandes longitudinales qui s’échelonnent des massifs atteignant 2368 mètres jusqu’à la zone de plaine/terreforts de 350 à 500 mètres, l’eau a creusé les vallées. Elles portent l’empreinte de l’inlassable ingéniosité des hommes à utiliser la force motrice de l’eau pour leurs diverses activités : jais, corne, bois, fer, talc, marbre et surtout textile tout autour de Lavelanet…

Fort de son histoire et des marques qu’elle y a laissées, dans son écrin préservé de verdure, le Pays des Pyrénées Cathares s’inscrit dans une vision dynamique du patrimoine dans ses multiples facettes. Il choisit de mettre en place, conformément aux préconisations du réseau national des villes et pays d’art et d’histoire, des programmes étoffés d’animations conduites par des animateurs et guides-conférenciers agréés par le ministère de la Culture et de la Communication. Connaissant leur territoire dans ses multiples facettes, ils donnent des clés de lecture originales et érudites des paysages, de l’histoire, du développement des villes et villages.

Outre une identité et un espace, le Pays d’art et d’histoire des Pyrénées Cathares est aussi un projet collectif qui vit au travers de la vie associative, du secteur de l’éducation et de l’action culturelle.